
Le 5e Forum sur la gouvernance de l'Internet au Cap-Vert (IGF-CV), qui s'est tenu les 14 et 15 mai 2025, sur l'île de São Vicente, se présente comme une plateforme essentielle pour réfléchir et débattre des politiques publiques relatives à Internet dans une société de plus en plus dépendante de la connectivité numérique. Organisé par l'Agence de régulation multisectorielle de l'économie (ARME), cet événement rassemble des experts, des représentants des pouvoirs publics, de la société civile et du monde universitaire afin de discuter des stratégies visant à garantir un Internet sûr, accessible et inclusif pour tous.
Sous la devise “ Construire ensemble la gouvernance numérique ”, le forum aborde des thèmes mondiaux tels que le Global Digital Compact (GDC) et WSIS+20, en les adaptant au contexte cap-verdien. La conférence d'ouverture souligne l'importance d'une approche collaborative pour promouvoir un avenir numérique durable, conforme aux principes d'inclusion et d'équité.
Le programme comprend des tables rondes thématiques qui abordent des questions cruciales, telles que la sécurité numérique, la protection des groupes vulnérables, l'innovation durable et l'inclusion des femmes dans les technologies de l'information et de la communication (TIC). Ces débats reflètent l'engagement du Cap-Vert à s'aligner sur les initiatives internationales et à mettre en œuvre des politiques favorisant l'alphabétisation numérique, la cybersécurité et la démocratisation de l'accès à Internet, conformément à ce qui est défini dans la Stratégie numérique du Cap-Vert.
Ce forum ne se contente pas de renforcer la position du Cap-Vert en tant que pôle numérique en Afrique de l'Ouest, il souligne également l'importance d'une gouvernance numérique qui privilégie la durabilité, l'innovation responsable et les droits numériques.
L'élaboration des politiques publiques en matière de gouvernance numérique au Cap-Vert s'est largement appuyée sur des plateformes de dialogue multisectoriel, telles que le Forum de la gouvernance de l'Internet du Cap-Vert (IGF-CV). Cet événement, organisé chaque année depuis 2020, favorise des débats ouverts et interactifs entre les représentants des secteurs public et privé, du monde universitaire, de la société civile et de la communauté technique. Le format hybride du forum favorise une plus grande inclusion, en permettant la participation d’acteurs locaux et internationaux. L’édition 2025, placée sous le thème “ Construire ensemble la gouvernance numérique ”, a souligné l’importance d’aligner les discussions nationales sur le contexte mondial, comme le Global Digital Compact (GDC), organisé par les Nations Unies.
L'une des principales orientations des politiques publiques abordées lors de l'IGF-CV est l'inclusion numérique, axée sur les groupes vulnérables et la réduction des inégalités en matière d'accès à la technologie. Lors de la première journée du forum, la protection en ligne des enfants et des groupes vulnérables a été abordée, un thème essentiel pour garantir un environnement numérique sûr et accessible à tous. Par ailleurs, les débats sur l'inclusion des femmes dans les technologies de l'information et de la communication (TIC) ont mis en évidence la nécessité de mettre en place des politiques spécifiques visant à réduire les inégalités entre les sexes dans le secteur numérique. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie numérique du Cap-Vert, qui vise à transformer le pays en un “ pôle numérique ” pour l’Afrique de l’Ouest (Ministère de l'économie numérique).
Un autre axe fondamental des politiques publiques abordées lors du forum est la sécurité numérique et la résilience des infrastructures technologiques. Au cours de cet événement, des experts ont discuté de stratégies visant à protéger les systèmes numériques du Cap-Vert contre les menaces cybernétiques, afin de garantir la continuité des services essentiels. Ce thème revêt une importance particulière dans le cadre de la Stratégie pour la gouvernance numérique du Cap-Vert (EGDCV), qui donne la priorité à la mise en œuvre de mesures législatives et technologiques visant à renforcer la sécurité numérique du pays (Gouvernement du Cap-Vert).
La promotion des droits numériques et la garantie d’une démocratie solide à l’ère numérique ont également été au cœur des débats de l’IGF-CV. Les débats ont porté sur la manière dont les politiques publiques peuvent garantir la liberté d’expression, la vie privée et la protection des données dans l’environnement en ligne. Ces discussions revêtent une importance particulière dans un contexte où la transformation numérique redéfinit les droits et les devoirs des citoyens et de l’État. La stratégie de gouvernance numérique du Cap-Vert, adoptée en 2021, sert de “ boussole ” pour aligner les actions gouvernementales sur les principes de transparence et de participation citoyenne (La ministre Edna Oliveira).
Enfin, l’innovation responsable et durable a été largement abordée comme un pilier de l’avenir numérique du Cap-Vert. Le forum a souligné la nécessité de mettre en place des politiques qui encouragent l’entrepreneuriat numérique et l’adoption des technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle, de manière éthique et inclusive. La stratégie numérique du Cap-Vert, cofinancée par la Banque mondiale, prévoit des investissements de US$ 20 millions dans des domaines tels que la compétitivité numérique et les infrastructures de connectivité, renforçant ainsi l'engagement du pays en faveur du développement durable (Ministère de l'économie numérique).
L'IGF-CV reste une plateforme essentielle pour façonner les politiques publiques en matière de gouvernance numérique au Cap-Vert, en favorisant un dialogue inclusif et conforme aux meilleures pratiques mondiales.
L'accessibilité numérique est une priorité dans le cadre des politiques publiques de gouvernance de l'Internet au Cap-Vert, en particulier en ce qui concerne les groupes vulnérables. Au cours de la Vème Forum sur la gouvernance de l'Internet au Cap-Vert (IGF-CV), des stratégies ont été discutées afin de garantir que les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les populations défavorisées sur le plan économique bénéficient d'un accès égalitaire aux technologies numériques. Ces mesures comprennent la mise en place d'outils d'accessibilité sur les plateformes numériques publiques et privées, tels que les lecteurs d'écran, le sous-titrage automatique et les interfaces simplifiées.
Par ailleurs, l'accent a été mis sur le rôle des partenariats entre le gouvernement et le secteur privé pour financer des initiatives d'inclusion numérique, telles que la distribution d'appareils technologiques aux communautés défavorisées et l'extension des réseaux Internet aux zones rurales et isolées. Ces initiatives s'inscrivent dans l'objectif du Cap-Vert de numériser 60% des services publics d'ici 2026 et 80% d'ici 2030, comme l'indique le Banque mondiale.
La formation technologique a été l’un des piliers abordés lors de l’IGF-CV pour promouvoir l’inclusion numérique. Des programmes tels que “ Weblabs ”, qui ont déjà accueilli près de 14 000 étudiants dans des domaines tels que le développement web, la robotique et le marketing numérique, ont été mis en avant comme des exemples de bonnes pratiques. Ces programmes ne se contentent pas d’élargir l’accès aux connaissances techniques, mais créent également des opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat numérique pour les jeunes et les adultes.
Un autre point central a été la nécessité d'intégrer l'éducation numérique dans les programmes scolaires, afin de garantir que les enfants et les adolescents acquièrent des compétences numériques dès leur plus jeune âge. Cet effort est complété par des initiatives telles que la mise en place d'ateliers d'alphabétisation numérique destinés aux adultes et aux personnes âgées, dans le but de réduire la fracture numérique entre les différentes tranches d'âge et classes sociales.
Le développement des infrastructures de connectivité est un facteur essentiel pour l'inclusion numérique au Cap-Vert. Au cours du forum, il a été souligné que le manque d'accès à Internet dans les zones rurales et reculées reste un obstacle majeur. Pour remédier à ce problème, le gouvernement cap-verdien, en partenariat avec des organisations internationales, a investi dans la mise en place de réseaux de fibre optique et dans l'extension de la couverture Internet mobile.
Par ailleurs, des initiatives telles que le programme “ Sikabadu ” visent à attirer les investissements de la diaspora cap-verdienne pour le développement de start-ups et de petites entreprises technologiques, favorisant ainsi un écosystème numérique inclusif. Ces actions s'inscrivent dans la vision du Cap-Vert, qui souhaite devenir une plaque tournante numérique en Afrique de l'Ouest, comme le détaille le Stratégie numérique du Cap-Vert.
La réduction des obstacles économiques a été un autre sujet largement débattu lors de l'IGF-CV. L'accessibilité financière est essentielle pour garantir que tous les citoyens puissent profiter des avantages de la transformation numérique. Parmi les mesures évoquées figurent la réduction des coûts des appareils technologiques et des forfaits Internet, ainsi que la mise en place d'aides publiques destinées aux familles à faibles revenus.
Par ailleurs, l'importance de promouvoir des modèles économiques inclusifs a été soulignée, comme l'offre de forfaits Internet gratuits ou à bas prix destinés aux étudiants et aux travailleurs des secteurs informels. Ces mesures sont essentielles pour garantir que l'inclusion numérique ne se limite pas à une frange privilégiée de la population.
Bien que l’intégration des femmes dans les TIC ait déjà été abordée dans des rapports précédents, l’IGF-CV a apporté de nouvelles données et perspectives sur ce sujet. Il a été souligné que, malgré les progrès réalisés, les femmes sont encore confrontées à des défis importants pour accéder aux opportunités de formation et d’emploi dans le secteur technologique. Pour remédier à cette disparité, des mesures spécifiques ont été proposées, telles que des programmes de mentorat et de formation destinés aux femmes, ainsi que des incitations fiscales pour les entreprises qui favorisent l’égalité entre les sexes au sein de leurs équipes.
Par ailleurs, le forum a souligné l'importance de mettre en place des campagnes de sensibilisation pour lutter contre les stéréotypes de genre dans le secteur technologique, afin d'encourager davantage de femmes à se lancer dans des domaines tels que l'informatique, le génie logiciel et la cybersécurité. Ces actions sont considérées comme essentielles pour parvenir à une gouvernance numérique véritablement inclusive et équitable.
La protection en ligne a été un autre thème central abordé lors de l'IGF-CV, l'accent ayant été mis sur la création d'un environnement numérique sûr et accessible à tous. Des propositions ont été présentées afin de renforcer la législation en matière de protection des données et de la vie privée, ainsi que de mettre en œuvre des mesures de cybersécurité visant à protéger les utilisateurs vulnérables contre les menaces en ligne, telles que la fraude et le harcèlement.
Par ailleurs, le forum a souligné la nécessité de sensibiliser la population aux pratiques sécuritaires sur Internet, notamment l'utilisation de mots de passe forts, la reconnaissance des e-mails frauduleux et la protection des données personnelles. Ces initiatives sont essentielles pour garantir que l'inclusion numérique s'accompagne d'un environnement en ligne sûr et fiable.
La promotion de l'innovation technologique et le renforcement de l'entrepreneuriat numérique ont été au cœur des débats du 5e Forum sur la gouvernance de l'Internet au Cap-Vert (IGF-CV). La mise en place d'environnements favorables aux start-ups et aux petites entreprises technologiques a été soulignée comme un élément essentiel pour dynamiser l'économie numérique du pays. Des initiatives telles que le programme Cap-Vert numérique, qui a déjà attiré des dizaines de start-ups locales et internationales, a joué un rôle important dans le développement de solutions technologiques innovantes. Ce programme offre un soutien financier, un accompagnement et un accès à des infrastructures numériques modernes, créant ainsi un écosystème propice à l'innovation. (ARME).
En outre, l'accent a été mis sur la nécessité d'accroître les investissements dans les technologies émergentes, telles que l'intelligence artificielle (IA) et la blockchain, afin de relever les défis locaux dans des secteurs tels que la santé, l'éducation et l'agriculture. Par exemple, l'utilisation de l'IA pour la surveillance climatique et la gestion des ressources en eau a été présentée comme une solution durable aux défis environnementaux auxquels est confronté le Cap-Vert.
L'impact environnemental des technologies numériques a fait l'objet de nombreuses discussions, l'accent étant mis sur la nécessité d'adopter des pratiques durables dans ce secteur. Au cours du forum, des experts ont souligné l'importance de mettre en place des infrastructures numériques économes en énergie et de promouvoir l'utilisation des énergies renouvelables dans les centres de données et les réseaux de télécommunications. La Stratégie de l’économie numérique du Cap-Vert (EEDCV) comprend déjà des objectifs spécifiques en matière de durabilité environnementale, tels que l’intégration de l’énergie solaire dans les installations TIC. (Ministère des finances).
Un autre sujet abordé a été la gestion des déchets électroniques, un problème de plus en plus préoccupant dans les pays en développement. Le Cap-Vert explore actuellement des partenariats internationaux afin de mettre en œuvre des programmes de recyclage et de réutilisation des équipements technologiques, favorisant ainsi une économie circulaire dans le secteur numérique.
Bien que la formation technologique ait déjà fait l’objet de débats dans des rapports précédents, ce sujet porte spécifiquement sur la formation aux technologies durables. L’IGF-CV a souligné la nécessité d’intégrer des matières liées à la durabilité numérique dans les programmes d’enseignement et les formations professionnelles. La mise en place de formations spécialisées dans des domaines tels que l’efficacité énergétique dans les TIC et la conception durable de logiciels a été identifiée comme une priorité. Ces initiatives viennent compléter les programmes existants, tels que les Weblabs, mais en mettant particulièrement l'accent sur les pratiques durables. (Inforpress).
Par ailleurs, il a été suggéré de mettre en place des partenariats entre les universités et le secteur privé afin de développer des solutions technologiques favorisant le développement durable, telles que des capteurs IoT pour la surveillance environnementale et des plateformes numériques dédiées à l'éducation au développement durable.
L'inclusion numérique des communautés rurales a été abordée sous l'angle de la durabilité, en soulignant l'importance de mettre en place des technologies vertes dans les zones reculées. L'IGF-CV a débattu de l'utilisation de réseaux mobiles alimentés à l'énergie solaire pour connecter les communautés n'ayant pas accès à Internet. Ces réseaux favorisent non seulement l'inclusion numérique, mais réduisent également la dépendance aux combustibles fossiles. (Island Express).
Un autre aspect abordé a été la formation des agriculteurs et des pêcheurs aux technologies numériques, telles que les applications de prévisions météorologiques et de gestion des ressources naturelles. Ces outils permettent non seulement d’accroître la productivité, mais aussi de promouvoir des pratiques durables dans les secteurs agricole et de la pêche.
La mise en place d'un cadre réglementaire favorisant l'innovation durable a constitué un autre thème central. Le forum a souligné la nécessité de politiques publiques visant à promouvoir l'adoption de technologies propres et la réduction de l'empreinte carbone dans le secteur numérique. Le Stratégie pour la gouvernance numérique du Cap-Vert (EGDCV) prévoit déjà des mesures visant à garantir que la transformation numérique du pays s'inscrive dans le droit fil des Objectifs de développement durable (ODD). (Gouvernement du Cap-Vert).
Parmi les propositions examinées figurent des incitations fiscales destinées aux entreprises qui adoptent des pratiques durables, telles que l'utilisation d'énergies renouvelables et la mise en œuvre de processus d'économie circulaire. En outre, la création d'un fonds national destiné à financer des projets d'innovation durable dans le secteur numérique a été suggérée.
Ce rapport présente une analyse détaillée de la manière dont l'innovation et le développement durable s'intègrent dans l'avenir numérique du Cap-Vert, en complétant, sans toutefois les répéter, les thèmes abordés dans les rapports précédents.
Le Ve Forum sur la gouvernance de l'Internet au Cap-Vert a souligné l'importance d'un dialogue multisectoriel pour la définition de politiques publiques favorisant une gouvernance numérique inclusive, sûre et durable. Parmi les principaux thèmes abordés, l'inclusion numérique, en particulier pour les groupes vulnérables, la cybersécurité et la promotion des droits numériques ont été mis en avant, en alignant les initiatives nationales sur des cadres mondiaux tels que le Pacte numérique mondial. La stratégie numérique du Cap-Vert, qui vise à faire du pays une plaque tournante technologique en Afrique de l'Ouest, a été réaffirmée comme un pilier essentiel pour atteindre ces objectifs.
Les débats ont mis l'accent sur la nécessité de réduire les inégalités d'accès à la technologie, d'étendre la connectivité dans les zones rurales et d'investir dans la formation technologique des jeunes, des femmes et des groupes défavorisés. En outre, les discussions ont porté sur les mesures visant à renforcer la résilience numérique et à protéger les citoyens contre les menaces cybernétiques, ainsi que sur l’importance d’encourager l’innovation technologique et l’entrepreneuriat numérique de manière éthique et durable. L’intégration de pratiques environnementales dans le secteur numérique, telles que l’utilisation d’énergies renouvelables et la gestion des déchets électroniques, a été jugée cruciale pour garantir un avenir numérique durable.
Les résultats du forum soulignent l'engagement du Cap-Vert à s'imposer comme une référence régionale en matière de gouvernance numérique, en promouvant des politiques publiques inclusives et alignées sur les Objectifs de développement durable (ODD). Pour aller de l’avant, il sera essentiel d’intensifier les investissements dans les infrastructures, de favoriser les partenariats internationaux et de veiller à ce que la transformation numérique s’accompagne d’un cadre réglementaire solide et adapté aux dynamiques mondiales.